Industrie textile et empreinte carbone : la carte à jouer de la production à la demande
Industrie textile et empreinte carbone : la carte à jouer de la production à la demande

On l’entend souvent dire : « La mode est la deuxième industrie la plus polluante au monde ». Mais que se cache-t-il derrière cette phrase coup de poing ? Surtout, quels sont les indicateurs à prendre en compte afin de commencer à produire mieux, et ainsi réduire l’impact environnemental des marques ?


Cet article vous donne les clés pour comprendre l’urgence de la réduction de l’impact carbone, ainsi que les leviers sur lesquels la production à la demande a un véritable impact.


Où en sommes-nous aujourd’hui en termes d’impact carbone ?



En 2021, on estime qu’un Français a une empreinte carbone équivalente à environ 10 tonnes de CO2 par an. Pour rappel, l’empreinte carbone d’une personne correspond à la quantité de gaz à effet de serre (GES) induite par sa consommation de biens ou de services, que ces derniers soient produits en France ou importés.


Dans ces 10 tonnes, 442 kg sont induits par l’habillement. En d’autres termes, l’industrie textile contribue à 5% de l’empreinte carbone d’une personne en France. L’objectif des Accords de Paris est de faire descendre l’empreinte carbone totale aux environs de 2 tonnes par personne. Si la part de l’habillement se maintient, elle représentera alors 25% des émissions carbones ! Si l’objectif est de conserver la part du textile aux alentours des 5%, les émissions devront diminuer pour ne représenter que 43kg de CO2, soit l’optimum visé. Cet objectif est-il tenable ? La réponse est claire : OUI ! En revanche, il demandera des ajustements conséquents, notamment dans la chaîne de production textile, aujourd’hui très atomisée et manuelle. La première bonne nouvelle dans tout ça ? La technologie est prête à pousser les innovations en ce sens. La deuxième bonne nouvelle ? Nous n’avons plus le choix !


 

empreinte carbone

L’effet de la production à la demande sur la réduction de l’empreinte carbone de l’industrie textile


Quels sont les leviers majeurs de diminution de cette empreinte carbone en France ? Et en quoi TEKYN, et son système de production à la demande, permettent-ils d’agir directement sur la réduction de l’empreinte carbone de la filière textile ?


  • Le mix électrique, différent en fonction du lieu de production

Par mix électrique, on entend la répartition des différentes sources d’énergies (nucléaire, charbon, pétrole, énergies renouvelables etc…) utilisées dans la production de l’électricité d’une zone géographique donnée. Afin de répondre à ses besoins, ainsi qu’à ceux de sa population, chaque pays utilise les différents types d’énergies dans des proportions qui varient. En France par exemple, le mix électrique indique que 8% seulement de l’électricité produite est issue de combustibles fossiles. En Chine en revanche, ce taux monte à 70%.


Dans l’industrie textile, la transformation de la matière est une étape particulièrement gourmande en électricité. C’est la raison pour laquelle il s’agit du levier majeur de diminution de l’empreinte carbone de l’industrie.


En ayant une action directe sur la relocalisation de la production en made in France ou proche import (Europe de l’Est par exemple), la production à la demande permet d’améliorer drastiquement le mix électrique et d’ainsi réduire les émissions carbones. De plus, la réduction des distances à parcourir entraine de facto une réduction des émissions liées au transport.


Ainsi, comme l’indique le tableau ci-après, une production en France n’émet que 10,63 kgCO2 contre 32,08 kgCO2 pour la même production en Chine. Cette différence est principalement due au mix électrique, moins émetteur de CO2 dans l’hexagone. Malgré de grandes disparités selon les pays (notamment de part et d’autre de la méditerranée) on observe que sur la zone Euromed, la moyenne générale des émissions pour 1kg de textile serait de 24,96kgCO2, soit une diminution importante par rapport à l’import asiatique. 

  • La diminution des invendus

En deuxième position, nous retrouvons la diminution des invendus. Ce n’est un secret pour personne : les surstocks et le poids des invendus pèsent très lourd dans l’empreinte carbone de l’industrie textile. Et pour cause, le gaspillage vestimentaire – en plus d’avoir un impact financier conséquent – marque la planète de manière indélébile. Pourtant, il n’est pas une fatalité !


Depuis le 30 janvier 2020, la loi économie circulaire fixe un cadre légal pour la gestion des invendus.  En France, il n’est désormais plus possible de détruire les pièces qui n’ont pas trouvé preneur. Un premier pas dans la bonne direction… mais qui ne prend pas le problème à sa source : la production.


Et c’est bien ce que s’engage à résoudre la production à la demande ! En effet, si l’on considère que le meilleur déchet est celui qui n’a jamais été produit, la production à la demande est un modèle du genre. Comme expliqué dans notre article sur l’avenir de la production textile, le système pull induit par la production à la demande – dans lequel la demande n’est plus « poussée » sur le consommateur en fonction de prévisions, mais « tirée » par ses choix – les pièces ne sont réapprovisionnées qu’une fois consommées… donc pas d’invendus !


  • L’éco-conception et l’upcycling

Au niveau de ces deux derniers leviers, la production à la demande a un effet indirect. En outre, une marque prête à relocaliser sa production par soucis de son empreinte carbone aura plus de chance d’être tournée vers des thématiques liées à l’amélioration de l’éco-conception. La production à la demande permet également de rationnaliser les matières et d’optimiser ces dernières pour un plus grand nombre de modèles. Enfin, l’upcycling, en plus de son cout économique conséquent, comporte un certain nombre de limites : les débouchés ne sont pas illimités et surtout, il ne s’agit que d’une solution pour ne pas gaspiller les vêtements déjà produits. Dans la production à la demande à l’inverse, la réduction des invendus permet de passer outre cette problématique ! Une bonne nouvelle pour la planète, et la trésorerie des marques !


En somme, la production à la demande est un modèle particulièrement vertueux pour ce qui est de la diminution de l’empreinte carbone dans la production textile. En adoptant ce mode de production, digitalisé et optimisé, les marques pourraient grandement contribuer à la diminution de la part de l’habillement dans l’empreinte carbone des Français… et ainsi respecter les objectifs fixés par les accords de Paris !

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